Pendant des années, JB Puech a été ce que l’on nomme encore un « théoricien de la littérature » dont la spécialité était l’étude du personnage d’écrivain, tel qu’il se construit dans les médias et l’histoire littéraire, souvent avec sa collaboration plus ou moins active, parfois même sous sa direction, au point qu’on a pu parler de « l’auteur comme œuvre ». Il a publié sur ce sujet, dans des revues, la plupart des études recueillies dans ce livre. Mais ce qui apparaît grâce à leur rassemblement chronologique, c’est qu’elles n’étaient pour lui que des enquêtes documentaires et préliminaires pour écrire, en marge de son activité de chercheur, une série de fictions consacrées à un auteur imaginaire de son invention, Benjamin Jordane, ainsi qu’à ses œuvres. Cet écrivain de papier est devenu le moyen d’expression ou de rêverie préféré de Jean-Benoît Puech. On verra donc ici comment l’auteur se risque peu à peu « hors les murs » et comment il se lance dans une aventure plus romanesque et plus personnelle, avec quels bagages, quels moyens de transport, quel viatique littéraire. Fonds de miroirs : parce que ces études tentent de refléter les œuvres ou les genres considérés (sur Loti, Blanchot, beaucoup de biographies réelles ou fictives, l’entretien d’écrivain et même le Livre de poche), mais que dans le fond apparaît tout de même le critique en personne. Fonds de miroirs : parce que de l’autre côté des miroirs, il n’y a rien. Mais dans le fond de tout miroir, derrière le reflet de premier plan, on aperçoit son contre-champ. On ne peut traverser le miroir lui-même, mais on peut sortir de ses mirages. Il suffit de se retourner.

un volume 14 x 22 de 288 pages, ISBN 979.10.267.0013.5, 2015, 22 euros